mercredi 14 février 2007.
Chers lecteurs,
La situation phytosanitaire de certains pays africains s'est détériorée subitement à cause des invasions non prévues, de certains ravageurs. Par conséquence, leur apparition subite a trouvé les services de protection des végétaux non préparés à la lutte contre ces fléaux.
Le cas du Burundi est le plus illustratif. En effet, ce pays est entrain de gérer avec les ''moyens de bord'' des invasions à caractère épidémiques. Il s'agit de la chenille légionnaire Spodoptera exempta, des chenilles défoliantes de la patate douce Acraea acerata et Hippotion celerio, du criquet puant Zonocerus variegatus ainsi que du casside Aspidomorpha spp. Face à ces problèmes phytosanitaires, les capacités d'intervention de ce pays, qui fait face à d'autres problèmes sociaux, sont insuffisantes et nécessitent une assistance pour éviter les conséquences, telles que les famines, qui entraînent habituellement l'instabilité sociopolitique. C'est à ce niveau que la communauté internationale doit intervenir, en aidant les services phytosanitaires de ce pays à faire face à ces invasions. Non seulement ce genre d'aide est moins coûteuse et moins spectaculaire, mais elle ne porte pas atteinte à la dignité d'un peuple et sauve des vies humaines tout en préservant l'environnement. Nous pouvons aussi recommander ce genre d'aide aux mécanismes de prévention des conflits sociaux… Dans le même ordre, la mouche blanche (Aleurotrachelus atratus), qui a fait son apparition dans les îles de l'océan indien, tel que les Comores, annoncé dans une édition précédente (BIP N°47), continue à faire des ravages dans les plantations de cocotiers, fragilisant ainsi les économies de certaines îles basées sur cette culture.
Nous présentons dans cette édition, l'organisation du service de quarantaine du Cap Vert et la situation phytosanitaire dans les Seychelles avec leur programme d'éradication de la mouche du melon qui est dans sa phase de mise en œuvre. Par ailleurs, les Pesticides organiques persistants (POP), objet de la convention de Stockholm, continuent à faire des victimes (naissance de bébés monstres, cancer du sang, etc.) dans le monde entier et surtout en Afrique, malgré la ratification de cette convention par un grand nombre des pays africains. Pourtant, cette convention est entrée en vigueur, donc applicable dans tous les pays, depuis octobre 2001. Sous beaucoup de prétextes (santé, agriculture, environnement, etc.), justifiés ou non, ces POP entrent en Afrique avec la complicité inconsciente ou non, de certains fonctionnaires chargés de la gestion de cette question dans les pays. Pour cela, la communauté internationale, surtout la société civile (ONG et autres), se mobilisent de plus en plus, sous la houlette de l'IPEN (International POP elimination network), le Réseau international pour l'élimination des POP, soutenu par le Fond mondial pour l'environnement (FME). Un certain nombre de manifestations s'organisent sous l'égide de ce réseau qui a des tentacules presque partout, y compris en Afrique (environ 400 ONG dans 70 pays). Nous ferons état de quelques unes de ces manifestations et quelques cas des dégâts causés par les POP dans cette édition.
L'activité au CPI au cours de cette période a été caractérisée par un mouvement du personnel scientifique, qui a abouti au départ pour affectation d'un phytopathologiste et à l'arrivée d'un autre et d'un entomologiste.
Chers lecteurs, vous trouverez aussi d'autres informations phytosanitaires que nous avons jugé utile de porter à votre connaissance, espérant que certaines d'entre elles répondront à quelques unes de vos attentes. Si tel n'est pas le cas, nous vous promettons que des efforts seront redoublés pour l'amélioration progressive des prochaines éditions...Lire tout le bulletin en cliquant sur l'îcone PDF ci-dessous
Le Rédacteur B. Bouato