
Séminaire Scientifique International sur le Criquet Pèlerin, Dakar, 11 - 13 janvier 2005
mardi 8 mars 2005.
Synthèse des travaux Par Benoît B. Bouato, CPI/UA Une vue de participants |
INTRODUCTION
Les pays membres de la Commission de Lutte Contre le Criquet Pèlerin en Région Occidentale (CLCPRO), ainsi que leurs voisins immédiats que sont le Burkina Faso, la Guinée Bissau, la République de Guinée, la Gambie et le Cap Vert, ont subi en 2004 une des invasions acridiennes les plus massives, de ces trente dernières années.
Les dommages de cette invasion ont pu être limités grâce à la mise en œuvre d'un programme de lutte qui a nécessité d'importants moyens matériels, financiers et humains, dans un grand élan de solidarité nationale, sous-régionale et internationale.
Face à cette situation, aux pertes importantes occasionnées par ce fléau, et aux difficultés rencontrées dans les premiers moments de l'invasion par les Etats Sahéliens aux ressources limitées, le Président de la République du Sénégal, Maître Abdoulaye WADE, en concertation avec ses Pairs, s'est engagé, résolument, dans la recherche de solutions aptes à rompre, durablement, les cycles d'invasions acridiennes généralisées vécues au Sénégal et dans les pays membres de la CLCPRO.
Dans ce cadre, le Président de la République du Sénégal a pris l'opportune initiative, de faire tenir un séminaire scientifique international sur le criquet pèlerin les 11, 12 et 13 Janvier 2005 à Dakar.
L'objet de ce séminaire a été de faire le point des connaissances en vue d'élaborer des stratégies pour vaincre définitivement le fléau du péril acridien.
Cette rencontre de haut niveau, a regroupé d'éminentes personnalités politiques et scientifiques de la sous région, des pays du Nord, des Partenaires au Développement et d'organisations internationales ainsi que des ONG's et des organisations paysannes.
ORGANISATION DES TRAVAUX
Le séminaire s'est déroulé en trois phases :
Une séance solennelle
Des sessions d'informations
Des travaux en groupe.
La séance solennelle d'ouverture qui a été rehaussée par la présence et la participation de son Excellence Maître Abdoulaye WADE, Président de la République du Sénégal, a été marquée par des communications qui ont mis l'accent sur le rôle et la place des scientifiques dans la lutte anti-acridienne en vue d'une lutte efficace et durable contre le criquet pèlerin. Ce que la communauté scientifique a retenu et compris comme un défi.
Deux groupes de travail ont été constitués pour réfléchir sur les thèmes suivants :
Stratégie de lutte actuelle contre le criquet pèlerin, avantages et insuffisances ;
Comment minimiser les effets sur l'environnement et les êtres vivants ;
Programme de gestion régionale durable et préventive des invasions du criquet pèlerin.
A l'issue de débats et de contributions de qualité, ont été dégagés les conclusions et recommandations suivantes relatives aux points ci après :
Lutte curative contre le criquet pèlerin
Formation, sensibilisation et communication,
Partenariats
Recherches complémentaires à mener
Organisation de la Coordination,
Financement.
Lutte curative Participation des scientifiques de renom tel que Prof. Coste au centre |
Il convient d'assurer le contrôle de la qualité des traitements ainsi que le développement de nouvelles méthodes de lutte alternative.
Formation, sensibilisation et communication L'accent a été mis sur la nécessité de la prise en compte des divers acteurs, du décideur aux paysans, en développant des thématiques adaptées aux cibles d'une part et en assurant les formations diplômantes tant au niveau des techniciens que des cadres supérieurs. La communication doit prendre en compte, l'ensemble des populations de groupes cibles, avec une communication de masse.
Partenariat Panel des scientifiques |
Dans le domaine du partenariat il convient de renforcer le partenariat scientifique à travers des échanges d'experts, de connaissances et de conduite de programme de recherche conjoint.
Recherche
Des avancées certaines sont notées sur la connaissance de la biologie et l'écologie du criquet pèlerin. Néanmoins, il reste de nombreux autres domaines à explorer comme, de l'étude du phénomène de grégarisation, le développement de l'utilisation des technologies de l'information, l'utilisation des bio pesticides, ainsi que des recherches sur les méthodes alternatives de lutte.
Organisation de la coordination
La coordination est à l'heure actuelle organisée au niveau internationale et régionale. Mais l'expérience montre qu'il est nécessaire de compléter ce dispositif par la mise en place d'une coordination sous-régionale de lutte anti-acridienne au niveau des pays de la ligne de front (Mauritanie, Niger, Mali et Tchad) et de ceux non concernés par la grégarisation. Dans le cadre de la lutte pour la sécurité alimentaire, il serait hautement souhaitable d'inclure dans le Programme Détaillé de Développement Agricole de l'Afrique (PDDAA) du NEPAD la prise en charge des problèmes du péril acridien avec la création d'un Centre d'Etude et de Recherche en Acridologie.
Financement
Les enseignements tirés de la lutte en cours ont clairement fait ressortir l'impérieuse nécessité pour les Etats concernés, de disposer de ressources rapidement et facilement mobilisables. Il est, à cet effet hautement souhaitable, de créer un fonds national pour la lutte anti-acridienne au niveau de chaque pays doté en premier lieu sur les budgets nationaux. La mobilisation et l'utilisation des ressources tant nationales qu'internationales impliquent une bonne politique de communication à l'endroit des bailleurs de fonds.
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